Ma fille est née. Il est 3h du matin, peut-être 4. Je n'ai aucune notion du temps. Nous avons passé plusieurs heures dans la salle de naissance après sa naissance.

Je ne réalise pas.

Je suis épuisée.

45h de travail, c'est éreintant. Mais elle est là, encore plus belle que ce que j'avais imaginé.

Le vide dans mon ventre me perturbe. Le sang qui s'échappe me surprend. Donner naissance, c'est pas n'importe quoi.

Il règne un silence absolu. Pourtant dans ma tête, tout est tellement bruyant.

Je l'aime, c'est sûr. Je ne sais pas pourquoi, je ne la connais pas. Et pourtant je l'aime à en avoir mal.

C'est donc ça, être maman ?

C'était donc toi. Les petits coups de pied de 22h, les nausées du premier trimestre, la joie immense mêlée à la peur. C'était toi. Je te vois enfin.

Nous arrivons en chambre. Ma princesse dans les bras de son père. Moi, poussée par les sages-femmes. Du coin de l'œil je vois mon mari, les larmes aux yeux, une lueur de fierté dans sa démarche. Je suis si heureuse de lui avoir donné un enfant.

La chambre est jolie, spacieuse. Mais je suis si fatiguée que je fais à peine attention. Le cathéter toujours accroché à ma main, je demande à la sage-femme de me le retirer. Trop tôt. Elle me demande d'abord d'aller uriner.

Je me lève péniblement du fauteuil roulant. Je titube et manque de tomber.

« Vous allez bien ? »

« Oui oui, ça va. »

Je ne veux pas l'alerter. Je veux juste que ça cesse. Laissez-moi dormir.

Me voyant tituber, difficile à cacher, elle m'attrape le bras.

« Oula non Madame, ça n'a pas l'air d'aller. »

« Si, je vais très bien. Je n'ai juste pas mangé depuis longtemps. »

Elles finissent par m'apporter mon plateau repas. Je grignote à moitié. La fatigue est trop intense.

Nous finissons par nous allonger. Mon bébé à ma gauche. Je l'observe en silence.

Je ne réalise toujours pas que ma vie ne sera jamais plus la même.

À suivre… 🤍

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